[Dossier] Comment se fabrique un vaccin ?

tout comprendre la vaccination

Nous traversons une situation sanitaire inédite : près de quatre milliards de personnes sont confinées, soit la moitié de la population mondiale . A l’origine de ce confinement, le COVID-19, une maladie infectieuse, jusqu’alors inconnue, qui s’est propagée dans le monde. Si la guérison est spontanée dans 80 % des cas , pour les autres une hospitalisation sera nécessaire et, malgré cette prise en charge, dans 3,4 % des cas cette infection conduira au décès .
Pour mettre fin à la propagation du virus, la vaccination apparaît comme le meilleur moyen de prévention (en dehors du confinement). Mais comment fonctionne la vaccination ?

De quoi protège la vaccination ?

La vaccination protège un individu contre le développement de certaines maladies infectieuses dues à des microbes (bactéries ou virus), avant que cette personne ne soit atteinte par ces maladies.

 

Comment agit un vaccin ?

La vaccination protège aussi l’ensemble de la population des maladies par effet mécanique : au plus il y a d’individus vaccinés au moins le virus circule !

Un vaccin protège contre une bactérie ou un virus en particulier. C’est pourquoi, il existe de nombreux vaccins différents. Ils fonctionnent comme un leurre pour notre système immunitaire.

La vaccination consiste à injecter dans notre corps un antigène (une copie d’un germe qui provoque une maladie) inactif ou en très faible quantité (donc inoffensif). Notre système immunitaire se croit attaqué et réagit en fabricant des anticorps pour combattre l’antigène. Ces anticorps vont ensuite persister de nombreuses années dans notre corps.

Lorsque le vrai microbe se présente, il est reconnu et détruit par les anticorps produits au moment de la vaccination. La maladie est donc évitée !

Quel est l’intérêt de la vaccination ?

La vaccination a de multiples intérêts.

D’un point de vue individuel, elle permet de se protéger soi-même contre certaines infections graves, difficiles à traiter et/ou à risques de complications et de séquelles.

D’un point de vue collectif, elle permet d’interrompre la chaîne de transmission de la maladie et ainsi d’éviter sa propagation par une épidémie ou une pandémie. Cette cassure dans la diffusion protège les autres de cette maladie.

Du point de vue de la santé publique, la vaccination a permis l’éradication de certaines maladies comme la variole.

Petite histoire de la vaccination…

On a tendance à l’oublier, mais il y a moins de 300 ans en arrière, un quart des enfants mourait avant leur premier anniversaire et la moitié ne parvenait pas à l’âge adulte. Aujourd’hui, l’espérance de vie à la naissance approche de 80 ans, grâce, entre autres, à la vaccination !

La variolisation (inoculation de la variole mineure par scarification) représente l’ancêtre de la vaccination moderne. L’idée, née en Chine, repose sur l’observation que les personnes au contact de la maladie ne la contractaient pas une deuxième fois. Cette idée est reprise en 1796 par le Dr Edward Jenner qui expérimente la « vaccination » par injection. Le nombre de décès dus à la variole chute en quelques années de 10 % à 1 %.

En 1870 une nouvelle épidémie de variole provoque plus de 200 000 morts en France, les techniques vaccinales s’améliorent et le concept de rappel (responsable du retour de la maladie) se développe. En 1902 le vaccin devient obligatoire en France, en 1950 la maladie disparaît de plusieurs pays et en 1980 l’Organisation Mondiale de la Santé déclare l’éradication mondiale du virus.

L’histoire du vaccin contre la variole est l’exemple parfait de l’efficacité vaccinale : une maladie répandue et mortelle devient en quelques années négligeable, puis grâce à une couverture vaccinale importante le virus disparaît faute de réservoir de contagion.

Comment se fabrique un vaccin ?

La fabrication d’un vaccin est un processus long, complexe et nécessitant un très haut niveau d’expertise. Il faut compter entre six et trente-six mois pour qu’un nouveau vaccin soit disponible, à minima 3 mois pour produire les premiers lots d’un vaccin pandémique.

Toutefois pour certaine maladie, comme le VIH, la recherche continue 30 ans après la découverte du virus pour trouver un vaccin…

 

Dans la première phase celle de la fabrication biologique et biochimique, il faut créer une banque de germes, les mettre en culture, les récolter, les purifier et, si nécessaire, inactiver le virus pour enfin obtenir une ou plusieurs valences (partie d’un vaccin correspondant à la protection contre un germe unique).

Dans la seconde phase celle de la fabrication pharmaceutique, il convient désormais d’étudier la nécessité d’ajouter un adjuvant, un stabilisant et/ou un conservateur, de mélanger ces différents composants. Ensuite il faut les répartir dans des flacons ou doses stériles, lyophiliser la solution, c’est-à-dire, de retirer l’eau en le transformant en poudre (pour assurer une meilleure conservation) et ensuite de conditionner et expédier les colis en pharmacie.

La quasi-totalité de ces étapes est complétée par une phase de contrôle et de sécurité. Un vaccin ne peut être distribué seulement que lorsqu’il a obtenu une autorisation de mise sur le marché. Cette autorisation garantit que chaque patient traité reçoive un vaccin dont la qualité pharmaceutique, la sécurité d’emploi et l’efficacité sont démontrées et validées. Cette autorisation est possible grâce aux essais cliniques qui s’effectuent en parallèle.

comment fabrique-t-on un vaccin ?

 

Qu’est-ce que l’on trouve dans un vaccin ?

Un vaccin est généralement composé de quatre types de substances :

– un antigène qui est une copie d’un germe ou d’une partie d’un germe qui provoque une maladie ;

– un adjuvant qui est la substance qui alerte notre système immunitaire afin qu’il apporte une réponse immunitaire contre l’antigène présent dans le vaccin.

– des conservateurs qui permettent d’éviter la prolifération de bactéries au sein du flacon.

– des stabilisants qui préservent la qualité du vaccin pendant toute sa durée de conservation.

de quoi est composé un vaccin

Qui doit se faire vacciner ?

Nous devons tous nous faire vacciner. Tous autant que nous sommes, en France, et plus largement dans le monde, chaque individu doit se faire vacciner.

Même si cela est rare, certaines personnes ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales (allergies ou maladies rendant la vaccination risquée). Des raisons physiologiques (jeune âge, grossesse) peuvent également nécessiter un report de la vaccination. Pour ces personnes, il est d’autant plus indispensable que le reste de la population soit vacciné. En effet,  si le nombre de personnes immunisées est conséquent, l’agent infectieux ne dispose plus d’un réservoir suffisant pour se multiplier : sa propagation est ainsi bloquée. C’est ce que l’on appelle l’immunité de groupe.

 

La vaccination ou le développement d’anticorps dû à une primo-contamination peuvent concourir à cette immunité de groupe. Ainsi, même si le virus continue de circuler, plus le taux de personnes immunisées ou vaccinées augmente, au moins le virus trouvera d’hôte pour se développer. Le seuil de personnes immunisées nécessaire à l’arrêt de la propagation du virus dépend du niveau de contagion des pathologies. Pour certaines maladies comme la rougeole, il faudrait que 95 % de la population soit immunisée pour stopper sa propagation. Pour le Covid-19, 60 % de la population immunisée serait suffisant.

 

A noter que si nous devons tous nous faire vacciner, les vaccins recommandés ou obligatoires ne sont pas systématiquement les mêmes d’un pays à l’autre. En effet, de nombreuses maladies, qui ont disparu dans notre pays ou qui sont devenues très rares, continuent d’exister dans d’autres régions du monde où la vaccination n’est pas mise en œuvre de manière suffisante. Ainsi, afin d’éviter que les voyageurs ne contractent ces maladies puis les transmettent à leur retour en France, des vaccins restent nécessaires sur le sol français (c’est le cas de la polyomélite) et des vaccins s’imposent pour entrer sur certains territoires. C’est le cas de la fièvre jaune pour voyager dans les zones tropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud, dans le pacifique aussi.

 

 

Quand doit-on se faire vacciner ?

Il est nécessaire de se faire vacciner avant de rencontrer la maladie. C’est pourquoi, l’ensemble des vaccins obligatoires doit être réalisé entre les premières semaines de vie et le deuxième anniversaire.

Pour les vaccins recommandés, comme celui contre le papillomavirus, son efficacité est d’autant plus remarquable s’il est effectué avant les premières relations sexuelles.

Contre la grippe, il faut privilégier l’injection avant la circulation active du virus, soit au début de l’automne.

Qu’est-ce qu’un rappel ?

Un rappel est le renouvellement de l’administration d’un vaccin, destiné à maintenir un bon niveau de protection. En effet, la quantité d’anticorps produits grâce au vaccin peut diminuer au cours du temps, c’est pourquoi une nouvelle injection peut s’avérer nécessaire.

Pourquoi il y a un nouveau vaccin contre la grippe tous les ans ?

Les virus de la grippe (Myxovirus influenzae) appartiennent au genre des Influenzavirus, classifiés en trois groupes : A, B et C. Au cours des 30 dernières années, les épidémies de grippe chez l’homme ont été causées par des virus de type A (H1N1 et H3N2) et de type B. Les virus de la grippe évoluent en permanence (mutation) ce que l’on appelle les variations saisonnières du virus de la grippe : le vaccin efficace sur un virus de la grippe ne le sera pas sur sa version mutée. Chaque année un nouveau vaccin est élaboré en fonction des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et tient compte des virus qui sont les plus susceptibles de circuler pendant l’hiver.

La grippe est imprévisible et l’efficacité du vaccin est variable d’une année à l’autre. Le vaccin est d’autant plus efficace lorsque les types de virus de grippe choisis pour le formuler sont proches des souches qui circulent durant l’épidémie saisonnière.

C’est quoi une épidémie ? Une pandémie ?

Une épidémie est le développement et la propagation rapide d’une maladie contagieuse, le plus souvent d’origine infectieuse, dans une population.

Par le passé, les foyers épidémiques étaient localisés à une ville, parfois une région. Avec la multiplicité des voyages et des moyens de transports permettant d’aller d’un bout à l’autre de la planète, les virus sont devenus comme nous : des globe-trotteurs.

L’épidémie de Covid-19 en Chine reflète bien ce syndrome du virus voyageur. En quelques mois, l’épidémie de Chine se retrouve sur la totalité des continents, revêtant ainsi le nom de « pandémie », c’est-à-dire une épidémie au niveau mondial !

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