Les Infections Sexuellement Transmissible (IST)

Les IST on en parle beaucoup mais sait-on en détail ce qu’elles sont et les risques pour notre santé ? Comment s’en protéger ? Voici notre dossier complet ( mais hélas non exhaustif !) sur les infections sexuellement transmissibles.

Les IST c’est quoi ?

Les IST sont des infections provoquées par des microbes : bactéries, parasites, virus, qui peuvent se transmettre plus ou moins facilement lors des relations sexuelles. On en répertorie plus d’une trentaine ! La jeunesse reste la population la plus impactée par ces infections (en savoir+).

Depuis les années 1990, les IST sont en constante augmentation, bien qu’il soit difficile de les quantifier. Heureusement leurs dépistages sont eux aussi de plus en plus nombreux ! Les IST font partie des cinq motifs les plus fréquents de consultations médicales. Enfin, les préservatifs masculin ou féminin restent à ce jour le meilleur moyen de s’en préserver !

Comment savoir si j’ai une IST ?

Un diagnostic précoce offre une meilleure prise en charge et réduit le risque de contamination. Certaines infections se manifestent par des signes plus ou moins discrets comme des brulures en urinant, écoulement par la verge, le vagin ou l’anus,  des boutons au niveau de la région des organes sexuels, des démangeaisons, des espèces de verrues…

Pour d’autres infections, il n’y a pas forcément de signes apparents. Que l’on soit fille ou garçon, Le dépistage est le seul moyen de savoir si on est infecté(e) : prise de sang pour les infections comme le VIH, l’hépatite B ou la syphilis, analyse d’urine ou prélèvement  local (urètre, col de l’utérus)  pour les infections comme les chlamydiae et le gonocoque, frottis de dépistage pour observer d’ autres IST.

Pour les femmes, il est important de faire réaliser un examen gynécologique régulier qui permettra de rechercher les condylomes qui sont à l’origine des cancers du col de l’utérus.

Des centres de diagnostic et de traitement des IST sont présents dans chaque département. Les consultations y sont gratuites et anonymes. Les différentes adresses sont répertoriées sur le site : www.sida-info-service.org.

Peut-on guérir d’une IST ?

La plupart des infections sexuellement transmissibles se soignent facilement, mais elles ne guérissent pas seules. Lorsque l’on est infecté il est important de suivre scrupuleusement le traitement prescrit par le médecin et de prévenir son ou ses partenaires. Il(s) pourra(ont) faire un test de dépistage et prendre un traitement si nécessaire.

L’herpès (labial comme génital) est présent à vie dans l’organisme après une primo-infection. C’est un virus dormant qui va se manifester plusieurs fois au cours de la vie.

Le VIH est la seule IST pour laquelle il n’existe pas de traitement pour l’éliminer. Savoir très tôt si l’on est porteur du virus permet une prise en charge thérapeutique qui diminue fortement le risque de décès.

Les IST fragilisent les muqueuses et augmentent le risque de contamination par le VIH. Atteint du VIH, les IST peuvent avoir un caractère plus grave et le traitement devient plus compliqué.

Comment se protéger des IST ?

Le meilleur moyen de se protéger et de protéger l’autre des infections sexuellement transmissibles est le préservatif, masculin ou  féminin.  Certaines IST peuvent se transmettre par des pratiques sexuelles bucco-génitales (fellation, cunnilingus, anulingus).

Lorsqu’un vaccin existe (hépatite B ou papillomavirus), le préservatif reste un moyen de prévention efficace. Depuis 2018, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire chez les nourrissons.

Celle contre le papillomavirus* est recommandée, avec deux injections pour les jeunes filles de 11 à 14 ans et trois injections pour les jeunes filles de 15 à 19 ans. (* Le mardi 22 janvier 2019,La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré avoir saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) à rendre son avis sur le vaccin contre le papillomavirus appliqué aux garçons en courant d’année 2019)

Et bien entendu, il faut continuer à se faire dépister régulièrement lorsque l’on a plusieurs partenaires ou lorsque l’on souhaite arrêter le préservatif.

LA CHLAMYDIOSE

Échantillon de sang pour test Chlamydiose

C’est quoi ? Qui est concerné ?

Cette IST bactérienne (chlamydiae trachomatis) est la plus fréquente chez les 16 à 24 ans, surtout chez la femme. Près de 50 % des stérilités sont liées à celle-ci.

Quels sont les modes de transmission ?

Les modes de transmission sont multiples et faciles qu’il y ait pénétration ou non et quel que soit le sexe du partenaire. Par contre la contamination peut passer inaperçue en l’absence de symptômes. Ils peuvent apparaître deux semaines après : brulures, écoulement par la verge, l’anus ou le vagin, fièvre,  douleur au bas-ventre voire angine.


Quels sont les risques ?

Pour la femme infectée, les risques sont la salpingite, la stérilité, la grossesse extra-utérine. L’enfant peut être contaminé à l’accouchement. Le dépistage est simple par prélèvement local (femme et homme) ou recueil des urines (homme).


Comment se traite-elle ?

Les chlamydiae se soignent avec un traitement antibiotique rapide. Pour limiter les récidives, mieux vaut prévenir sa ou son partenaire. Un traitement peut être proposé aux partenaires des deux mois précédents.

 

LA GONOCOCCIE

C’est quoi ? Qui est concerné ?

La blennorragie, que l’on appelle communément « chaude pisse » est une infection d’origine bactérienne (la neisseria gonorrhoeae). Cette IST à gonocoque est très fréquente. On note une augmente en France, notamment chez les jeunes qui ont des pratiques sexuelles à risque. Les femmes comme les hommes peuvent en être porteur.

Quels sont les modes de transmission ?

La contamination peut se faire au cours de la pénétration (vaginale, anale, buccale).

Quels sont les risques ?

Elle peut être associée à la transmission d’autres infections comme le virus du sida ou la syphilis. Elle provoque des brûlures et/ou un écoulement jaune par la verge, le vagin ou l’anus, fièvre,  douleur au bas-ventre voire angine.

Une infection non soignée peut provoquer des risques d’infection des articulations et de stérilité chez la femme.

Comment se traite-elle ?

La période d’incubation est de 2 jours à une semaine. Lorsque le dépistage confirme l’infection (analyse d’urine ou prélèvement), un traitement par antibiotique permet une guérison rapide et complète. La moitié du temps, il doit être couplé à un traitement local (crèmes ovules)  pour la Chlamydiae. Le traitement systématique du partenaire permet d’interrompre la chaine de transmission.

LA SYPHILIS

C’est quoi ? Qui est concerné ?

A l’origine de la syphilis, on trouve la bactérie du « tréponème pâle ». Elle concerne aussi bien les femmes que les hommes. Cependant, cette IST, très contagieuse, touche surtout les hommes. (81 % des cas rapportés en 2016). On note une augmentation des cas de syphilis primaires entre 2013 et 2016.

Quels sont les modes de transmission ?

Lors de rapports sexuels non protégés qu’il s’agisse de rapports vaginaux, anaux ou bucco-génitaux (fellation et cunnilingus). La contamination se fait par contact direct avec les lésions de la syphilis.
Note : la syphilis peut également se transmettre de la mère à l’enfant, pendant la grossesse.

 

Quels sont les risques ?

On parle de Shyhilis primaire, secondaire ou tertiaire selon l’ancienneté de la contamination. La syphilis primaire a une période d’incubation (c’est-à-dire sans signe d’infection, bien que la contamination ait eu lieu) est d’1 mois après le rapport contaminant. Elle se manifeste par une « ulcération syphilitique » ou chancre sur les parties génitales, au niveau du rectum, du vagin de la bouche ou de la gorge. Cette ulcération, généralement unique, est indolore mais très contagieuse. Elle disparaît spontanément en 15 à 30 jours, mais attention, cela n’est pas synonyme de guérison. La syphilis secondaire survient dans l’année, quand la « primaire » n’a pas été soignée. On constate des phases d’éruptions très contagieuses sur la peau et les muqueuses. A ce stade l’IST peut se compliquer d’une méningite. Son dépistage est conseillé lorsque les rapports sexuels ne sont pas protégés. Il est obligatoire chez la femme enceinte.

 

Comment se traite-elle ?

Le traitement ” minute ” par une injection unique de pénicilline reste le traitement recommandé des syphilis primaires, des syphilis secondaires sans atteinte viscérale et des syphilis latentes de moins de deux ans. Le médecin doit aménager le traitement en cas de syphilis secondaire grave, notamment associée à des complications neurologiques et en cas d’allergie aux pénicillines. Un test ultérieur confirmera la négativation de la maladie.

La meilleure prévention reste le préservatif (masculin ou féminin) et un dépistage des IST de manière régulière.

LES HEPATITES B et C

Test sanguin de l’hépatite C

C’est quoi ? Qui est concerné ?

L’hépatite est une inflammation du foie causée par des virus ou des toxines (alcool, médicaments). On compte six virus, désignés par les lettres A, B, C, D, E et G. Elle concerne aussi bien les hommes que les femmes.

En France, ce sont les transmissions par voie sexuelle et chez les usagers de drogues qui sont les plus fréquentes. Dans 30 % des cas, le mode de contamination reste inconnu.

Quels sont les modes de transmission ?

Le virus de l’hépatite B (VHB), principale maladie humaine avec 2 milliards de personnes ayant été infectées dans le monde. Elle se transmet par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales (relations sexuelles sans préservatif : pénétration, fellation, cunnilingus).

Lors de partage de matériel d’injection (seringues contaminées) et plus rarement, de sniff, de piercing, de scarification, rasoir, brosse à dents, etc. La contamination par la salive, lors du baiser, semble possible, mais très rare. Une femme enceinte porteuse d’une hépatite B chronique peut la transmettre à son bébé durant la grossesse.


Le virus de l’hépatite C (VHC)
se transmet principalement par voie sanguine lors de partage de matériel d’injection et, plus rarement, matériel de piercing, de scarification, de sniff, ou de rasage. En France, depuis la mise en place de la stérilisation des instruments, l’utilisation de matériel à usage unique et la recherche de virus dans les dons de sang, l’usage de drogues  est le mode principal du VHC  par partage de matériel.

Sa transmission par voie sexuelle est très faible.

Une femme enceinte porteuse d’une hépatite C chronique active peut la transmettre à son bébé.

Quels sont les risques ?

Hépatite B

La période d’incubation varie de 30 à 180 jours.

Une fois dans l’organisme, le VHB circule dans le sang et atteint son organe cible, le foie.

En France, on estime que l’hépatite B chronique touche environ 0,65 % des adultes âgés de 18 à 80 ans, soit environ 280 000 personnes. Ces formes chroniques peuvent évoluer vers une fibrose ou une cirrhose.

Hépatite C

En France, on estime qu’environ 230 000 personnes sont porteuses d’une hépatite C chronique (présence du virus dans le sang).

La période d’incubation peut être longue,  de quelques jours à plusieurs semaines. Une fois dans l’organisme, le VHC circule dans le sang jusqu’au foie. L’hépatite virale C peut être aiguë, guérir ou devenir chronique.

Comment se traitent-elles ?
La vaccination contre l’hépatite B est la mesure la plus fiable pour s’en protéger. 80 % des nouvelles infections déclarées (c’est une maladie à déclaration obligatoire) pourraient être évitées par la vaccination. En France, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour tous les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2018, dès l’âge de 2 mois. La vaccination est effectuée dès la naissance si la mère est porteuse du virus de l’hépatite B.

Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C. Le traitement de l’hépatite C permet de guérir le virus et de diminuer le degré de fibrose. Une surveillance médicale régulière des patients traités ou non traités est indispensable.

Le VIH

C’est quoi ? Qui est concerné ?

On appelle séropositive une personne, homme ou femme, porteuse du VIH sans « être malade du SIDA ».Le VIH est le virus responsable du SIDA Ce Rétrovirus détruit les lymphocytes T CD4 ce qui fragilise le système immunitaire et rend la personne infectée vulnérable, entraînant d’autres maladies.

Quels sont les modes de transmission ?
Le VIH-1, le plus fréquent chez nous, découvert il y a plus de 35 ans, se transmet par relation sexuelle non protégée,  par le sang, le sperme, le liquide séminal (homme), les sécrétions vaginales et le lait maternel (femme).

Pour rappel, Le VIH ne se transmet pas par la salive, la sueur, les larmes, l’urine (car il est présent en quantité insuffisante dans ces liquides) et les moustiques

Quels sont les risques ?

Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) est l’une des principales causes de décès dans le monde. En 2018 on dénombre 6 000 nouvelles contaminations en France.

Sans traitement antirétroviral efficace, une personne au stade sida devient très vulnérable et finit malheureusement par en mourir. Le sida « tue » car il laisse la place à d’autres pathologies qui vont attaquer les fonctions vitales du corps humain sans que ce dernier ne puisse réagir.

Si on est atteint par le VIH (virus du sida) les IST peuvent être plus graves et les traitements de ces dernières plus compliqués.

En cas de rapport non protégé, il existe un traitement d’urgence appelé Traitement Post-Exposition. Il doit être pris au plus tard dans les 48 heures après un risque de transmission puis tous les jours pendant un mois. Il réduit considérablement le risque de contamination.

Comment se traite-il ?

Par antirétroviraux (ARV) et trithérapie. Commencer un traitement le plus tôt possible permet de sauvegarder plus longtemps le système immunitaire et de bloquer l’évolution de l’infection. Cette mise sous traitement précoce permet une espérance de vie tendant à celle de la population générale. Malgré les traitements plus efficaces aujourd’hui qu’auparavant, on ne guérit pas du virus du sida.

Dans le monde, la moitié des personnes vivant avec le VIH n’ont pas accès au traitement.

 

L’HERPES GENITAL

Test sanguin pour l’herpès

C’est quoi ? Qui est concerné ?

C’est une IST récidivante causée par un virus souvent de type 2 appelée HSV-2 et parfois de type 1 appelé HSV-1.  Elle touche 20 % de la population , entre 25 et 35 ans.


Quels sont les modes de transmission ?

L’herpès génital (HSV-2) est transmissible par contact quand il y a des liaisons ou quand le virus est présent dans les sécrétions génitales. Les doigts peuvent servir de moyen de transport. Les pratiques sexuelles bucco-génitales peuvent favoriser la transmission du virus HSV-1, communément appelé bouton de fièvre (herpès labial).

Quels sont les risques ?
Après une primo infection, le virus s’installe dans l’organisme et reste latent au niveau des ganglions. Il va se manifester lors de poussées, à un rythme variable, parfois de façon asymptomatique. L’immunodépression, le stress, une infection concomitante peuvent le réactiver, on parle de résurgences. L’herpès génital se manifeste par de petites cloques sur les organes sexuels ou à proximité. Cette éruption herpétique est douloureuse, avec une sensation de brûlure intense, souvent elle est prurigineuse (elle gratte).


Comment se traite-il ?

Un traitement par médicaments permet de combattre la douleur et de diminuer l’intensité et la durée de la crise d’herpès. Mais ces traitements n’éliminent pas le virus, des crises peuvent donc réapparaître.

Une femme enceinte porteuse de ce virus doit être particulièrement surveillée pour éviter une transmission mère-enfant.

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